Les vignerons du midi au début du XXe siècle face à la crise n’hésitent pas à se révolter et manifester dans le Languedoc et en pays catalan, contre le cabinet Clemenceau.

Pourquoi ce mouvement ?

La viticulture se développe au XVIIIe siècle grâce à la création du port de Sète et l'achèvement du canal du Midi. Le vin, dont les techniques de conservation ont été améliorées, résiste aux transports et conquiert de nouveaux marchés. Le vignoble s'étend et à la veille de la Révolution française, autour de Béziers, environ 50 % des terres sont couvertes de vigne[].

En 1853, les lignes de chemin de fer commencent à desservir le Languedoc, ce qui permet à la viticulture régionale de s'ouvrir de nouveaux débouchés, en particulier dans le nord du pays et ses régions industrielles. Les plus gros consommateurs sont les ouvriers dont une part importante du salaire est consacrée à l'achat de vin.

La troisième république, par la loi du 17juillet1880 avait facilité l'ouverture massive des débits de boissons. Ils se firent surtout dans les quartiers ouvriers des grandes villes, avec une moyenne de trois débits pour cinq immeubles. La consommation de vin et d'alcool monta en flèche. Dans ces établissements étaient servies sous le nom de « vin d'exécrables bibines trafiquées ou falsifiées ». Les dégâts furent tels que, dans les années 1890, un « mouvement antialcoolique, syndicaliste et socialiste prit naissance ». Le prix de l’hectolitre de vin passe à 6 ou 7 francs.

Le vin languedocien se vend de plus en plus mal. Les récoltes abondantes font gonfler des stocks devenus impossibles à écouler.

Les vignerons réagissent. Un Comité régional de défense viticole des intérêts du Midi est constitué le 20 janvier 1905. Mais au Parlement, ni Gaston Doumergue, député du Gard, ni Félix Aldy, député de l'Aude, ne réussissent à sensibiliser leurs collègues sur la question viticole et leurs propositions visant à la défense du vin naturel sont rejetées par les parlementaires. Ce mouvement est aussi appelé « révolte des gueux » du Midi.

 

1907 

-11 mars : marche sur Narbonne des 87 d’Argeliers sous la conduite de Marcelin Albert.

-24 mars : Manifestation de Sallèles d’Aude 300 personnes.

-31 mars : Manifestation à Bize-minervois 600 personnes.

-7 avril : Manifestation à Ouveillan, 1000 personnes.

-14 avril : Manifestation de Coursan 5000 personnes.

-21 avril : Manifestation de Capestang 15000 personnes.

-28 avril : Manifestation de Lézignan-Corbières.

-5 mai : Manifestation de Narbonne : 80 000 personnes.

-12 mai : Manifestation de Béziers 150 000 personnes.

-19 mai : Manifestation de Perpignan : 170 000 personnes.

-26 mai : Manifestation de Carcassonne. Ce sont près de 250 000 personnes qui défilent sur les boulevards et se regroupent pour entendre les discours sur la place entre le portail des Jacobins et la caserne. C’est à cette occasion que pour la première fois les leaders viticoles, Albert Marcelin et Ernest Ferroul, affirment hautement leur identité régionale. Inspiré peut-être par la vision de la Cité, l’un comme l’autre font référence à la Croisade des Albigeois.

-2 juin : Manifestation de Nîmes : 300 000 personnes.

-9 juin : Manifestation de Montpellier 600 000 personnes.

-19 juin au matin : Arrestation d’Ernest Ferroul et des principaux membres du comité d’Argeliers.

-19 juin au soir : Charge et fusillade des cuirassiers à Narbonne : premières victimes.

-20 juin vers 16H : Fusillade de l’Hôtel de ville à Narbonne : nouvelles victimes.

-Nuit du 20 au 21 des soldats du 17ème de ligne, cantonnés à Agde, se mutinent et se rendent à pied à Béziers.

-21 juin après-midi : Les mutins regagnent la caserne.

-22 juin : Obsèques solennelles de Cécile Bourrel et des victimes de Narbonne.

-23 juin : Entretien de Marcelin Albert avec Clémenceau.

-26 juin : Marcelin Albert se constitue prisonnier.

-2 août : Libération d’Ernest Ferroul et des viticulteurs emprisonnés à Montpellier.

- 5 mai : 80000 personnes manifestent à Narbonne dont le maitre socialiste Ernest Ferroul se rallie au mouvement.

- 12 mai : De 120 000 à 160 000 personnes manifestants à Béziers.

- 26 mai : 225 000  à 250 000 manifestants à Carcassonne.

- 9 juin : 600 000 à 800 000 manifestants à Montpellier.

- 12 et 14 juin : démissions en masse des municipalités. Clémenceau envoie la troupe.

- 19 et 20 juin : affrontement à Narbonne, 5 morts et des dizaines de blessés.

- 23 juin : Marcelin Albert est reçu par Clémenceau à Paris.

- 22 septembre : fondation de la confédération générale des vignerons du midi c’est la première organisation d'un grand secteur agricole. Elle est créée à Narbonne, le 22 septembre 1907, sous la présidence d'Ernest Ferroul. Son but est de réaliser une union sacrée entre petits et les grands producteurs viticoles[].

 

1961 

- 27 juin : Création d’un comité d’action viticole présidé par Guy Rancoule.

 

1963 

- 21 novembre : Des jeunes viticulteurs conduits par André Cases interceptent à Verzeille un train contenant mille hectolitres de vin algérien.

 

1967 

- 20 janvier : Première réunion d’André Castera à Montredon des Corbières.

- 20 février : 25 000 manifestants à Béziers et Narbonne.

- 16 mars : Manifestation violente à Carcassonne, 60 blessés.

 

1968 

- 30 juin : André CASTERA battu aux élections législatives.

 

1971 

-18 février : de 70 000 à 100 000 manifestants à Béziers.

-7 mars : à Lézignan-Corbières, Dominique Campos tire sur des CRS il sera libéré le lendemain de son arrestation.

-10 avril : Le vigneron André Laborie est tué par une voiture à Barbaira.

 

1975 

-16 février : Manifestation régionale à Montpellier.

-17 mars : Manifestation à Carcassonne, Perpignan, Nîmes, Montpellier où les victimes amenées par Emmanuel MAFFRE-BAUGE occupent la cathédrale.

-26 mars : 40 000 manifestants à Sète. Violences à Béziers.

-14 avril : Affrontement nocturne avec les CRS de LAGRASSE.

-15 avril : Circulation bloquée de Cerbère à la vallée du Rhône.

-31 juillet -1er Août : Opérations « Terres-Perdues ».

-2 Août : Quatre jeunes viticulteurs de Thézan passés à tabac par des CRS.

-29 décembre : Blocus de Sète. Raid d’un commando audois chez Doumeng à Toulouse.

 

1976 

-5 février : Journée villes mortes. Manifestation unitaires à Montpellier, Nîmes, Carcassonne et Perpignan.

-Nuit du 28 février au 1er mars : Un commando de viticulteurs dévaste les entrepôts RAMEL à Meximieux dans l’Ain.

-3 mars : Interpellation de Michel Olive et Salvador Domenech. Rassemblement devant la CGVM à Narbonne.

-Nuit du 3 au 4 Mars : Destructions massives dans le Narbonnais et le Biterrois.

-4 mars : Fusillade à Montredon des Corbières. Un commandant de CRS et un viticulteur tués.

-6 mars : 25 000 personnes aux obsèques d’Emile Pouytès à Arquettes-en-Val.

-25 mars : François Mitterrand à l’écoute des viticulteurs à Carcassonne.

-1er Avril : Interpellation d’Albert Teisseyre à Lauraguel, près de Limoux.

-29 avril : 100 000 manifestants à Montpellier.

-11 juin : Libération d’Albert Teisseyre. Il bénéficie de la loi du 4 août 1981.

 

1984 

-20 avril : Un commando détruit par le feu le centre Leclerc de Carcassonne.

-25 avril : Arrestation de six viticulteurs. Ils bénéficient d’un non-lieu général le 25 novembre 1986.

 

Femmes en colère à Trèbes: manifestations de vignerons dans l'Aude lors de la crise viticole de 1907. Photo prise à l'exposition de l'abbaye de Caunes-Minervois

Les discours sur la place de la Citadelle à Beziers

Manifestation à Béziers du 12 mai 1907

19 juin tumulus d'une victime du 139 eme régiment

Manifestation des viticulteurs à Montpellier

Allees P Riquet Béziers 1907

Arrestation de Ferroul 19 juin 1907 à 4 h du matin

Manifestation à Carcassonne en 1907

Slogan des manifestants à Carcassonne

Funéraille des victimes des fusillades du 20 juin

Syndicat des Vignerons de l'Aude

22 rue Ernest Cognacq

ZAC Bonne Source

BP 40527

11105 Narbonne Cedex

 

Tél : 04.68.32.54.94

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